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Il y a deux types de communications verbales :
- celles entre personnes de même condition
-celles entre personnes dont certaines ont autorité sur d'autres : père-fils, professeur-élève, mari-femme, ainé-cadet, officier-soldat, maître-disciple, etc.
Ces communications ont également plusieurs type d'organisations :
-discussions informelles de bistrot.
-Café philo.
-Salle de classe.
-Conférence à un seul conférencier.
-Colloque à plusieurs conférenciers.
-Audition du Maître dans son temple, etc...
En premier lieu, précisément dans les dicussions philosophiques, l'ego a toujours tendance à étaler ses connaissances, à les afficher ostensiblement. Ce ne serait point là une attitude condamnable si elle ne venait pas renforcer l'ego, aussi est-elle parfois employée efficacement afin de clore le bec aux egos intraitables, mais à la conditions que les connaissances mises en uvre soient relativement infaillibles et qu'elles contiennent également des solutions novatrices aptes à la résolution des problèmes.
En second lieu, si l'ego utilise ses connaissances pour discutailler avec ses semblables, incarnant ainsi la même activité qu'il y aurait dans un poulailler remplis de coqs avec tout de même quelques poules béates, ces connaissances ne sont cependant pas autre chose que des connaissances mémorisées, des idées fixes ou des notions qui tournent en rond parce qu'elle n'on jamais été approfondies. Et si l'ego est parfois inspiré inconsciemment par cette "Vérité" Transcendante, c'est bien souvent pour l'interprêter et dire alors des évidences plus ou moins stériles.
En troisième lieu, n'oublions pas que l'un des défoulement prioritaire de l'ego après l'éjaculation sexuelle, c'est précisément l'éjaculation verbale. Nombreux alors sont ceux n'ayant rien à dire parce qu'ils ont peur de le dire alors "qu'ils n'en pensent pourtant pas moins". Nombreux sont les solitaires ayant besoin d'une certaine reconnaissance afin de se situer et de ne pas perdre la boule, aussi parlent-ils pour ne rien dire en vérité, et ne font alors que répéter leur conditionnement intellectuel tels des perroquets. Nombreux encore sont-ils à déverser leur haine sous forme verbale.
l'ego raffole également des quiproquos et donc mélange le vrai et le faux, noye le poisson et faire dire à autrui ce qu'il n'a point dit afin ensuite de le traiter de menteur. L'ego ne se caractérise donc pas toujours par des mensonges difficilement décelables, mais surtout par sa mauvaise foi.
Là où l'ego est particulièrement dangereux, c'est lorsqu'il utilise comme arme et à mauvais escient des vérités qui ont fait leurs preuves mais qu'il n'a nullement incarné, dans le but évident de dominer autrui et de le remettre systématiquement en question. Donnez des vérités à un ego, il s'en servira ensuite contre vous.
L'ego est sous l'emprise de préjugés indéracinables sur autrui. Ainsi n'a-t-il jamais un regard neuf sur lui, mais ne regarde en autrui que ses propres préjugés. L'ego se rend pour ainsi dire malade de mémoriser les défauts d'autrui et d'entretenir ainsi sa haine à son égard.
Si l'ego s'habille non point pour seulement se protéger du froid mais pour soustraire également ses parties génitales aux obsessions et aux jugements d'autrui, il accepte cependant de se mettre psychologiquement à nu mais seulement lorsque des autres le font. Mais il ne fait en cela qu'habiller son hypocrisie psychologique par une fausse nudité ostensible.
L'ego entend aussi toujours avoir raison, c'est le "monsieur-je-sais-tout" qui prime en lui. mais pourquoi donc en réalité? Ne serait-ce pas du à l'illusion de la force de conviction ou de certitude que procure le langage humain au travers de ses verbiages ?
L'ego est souvent de mauvaise foi, prêche aussi le faux pour savoir le vrai.
L'ego parle sur plusieurs tons : coléreux ou vindicatif, professoral, désinvolte, hautain, condescendant, décontracté, énigmatique, pédant, imbu, ironique, moqueur, faussement détaché, impliqué, etc, mais rarement sur le ton juste.
Quant à son écoute, si écoute il y a, elle est: attentive, distraite, réactive, passive...De toute façon, l'ego n'écoute jamais jusqu'au bout les propos d'autrui, puisqu'il est déjà dans l'écoute intérieure de la réponse qu'il va lui fournir par réaction. Il prend aussi, par susceptibilité, l'expression d'une idée comme critique détournée de lui-même.
Lorsque l'ego est timide et ne peut concevoir et émettre une idée, il ne supporte pas que ce soit toujours les mêmes qui parlent, aussi revendique-t-il un temps de parole égal pour tous les participants, même si les uns sont idiots, même si les autres n'ont rien à dire.
Par le "respectez les cheveux blancs de monsieur", les egos ont plus tendance à écouter une personne d'un ecrtain âge plutôt qu'un jeunot fraichement sorti des jupes de sa mère, supposant à tord qu'elle a une grande expérience de l'existence.
Dans des discussions animées, certains se défoulent sans retenue, tout contents d'avoir craché leur venin ou affiché leurs opinions bornées face à une assistance passive, alors que d'autres restent dans la retenue, la timidité, la culpabilité même, tout en n'en pensant pas moins.
Le but de l'ego, c'est de vouloir que ses certitudes soient reconnues, vu que ce ne sont pas des certitudes... et comment pourrait-il déjà les reconnaître intérieurement sans en chercher la validation chez les autres, tout ignorants qu'ils sont mais sans qu'il le sache ?
La parole exerce un immense pouvoir sur l'ego, car il se forge ainsi des certitudes virtuelles qui ne se sont point encore confrontées aux événements à venir.
La parole est dangereuse. Certains imbéciles le savent, d'autres l'ignorent à leurs frais. N'est-il pas ainsi possible actuellement de faire gober n'importe quoi à n'importe qui, en mêlant sournoisement vérités ayant fait leurs preuves avec des théories pour le moins douteuses, d'autant plus lorsque ce processus est valorisé par les médias ?
Certainement que la Dialectique reste une nécessité aujourd'hui, du moins pour celui qui désire quitter le piège de la parole.
Il faut alors voir les discussions théoriques comme des formulations parfaitement virtuelles nées d'une imagination à rebours à cause de l'incapacité collective et chronique à incarner la Vie, c'est-à-dire à être pleinement et en permanence heureux.
Depuis des millénaires que les egos discutent entre eux, sans que cela change véritablement leur condition, il est étrange qu'ils ne se soient pas encore rendu compte de la vanité de leurs propos.
Ainsi faut-il du temps pour que l'ego accepte de s'ouvrir à ce qui le dépasse. Dans cet ordre d'idée, si en tant que dentiste, vous arrachez subitement une dent à un patient, celui-ci va évidemment souffrir. Comprenez alors que lorsque vous arrachez de la tête d'un autrui une opinion qui y est fortement enracinée depuis des lustres, alors qu'il n'y est pas préparé, et ce, par des propos relativement infaillibles, il va également souffrir.
Laissez donc les êtres se nourrir par leurs croyances et se bercer d'illusions, puisque c'est ce qu'ils ont présentement de mieux à faire...
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