Dialectique de la patience et de l'impatience :


Les êtres s'emprisonnent inexorablement dans le temps par la patience et l'impatience qu'ils éprouvent par rapport aux choses de la vie.

Est-on impatient de mourir ? Doit-on avoir de la patience dans la prime urgence ?

Prenons la patience par rapport à ce que l'on attend. Celle-ci est simplement favorisée par l'oubli de la conception de la chose attendue via les captivations du moment ; cela a d'ailleurs pour effet de donner moins de consistance au temps, étant donné que "ce temps est la mesure du mouvement", dit Aristote, ainsi des mouvements conceptuels dans le mental humain...

Par contre, il est évident que l'impatience renforce cette consistance du temps, via la relation entre la chose attendue et son manque conceptualisé favorisant le désir, ou via la relation entre la conception de l'événement tel qu'on veut qu'il soit et les forces de frottements qui l'empêchent. Par conséquent, l'être en état d'impatience n'est point dans la Plénitude.

Si nous envisageons maintenant l'être qui vit dans l'Instant, et c'est là le but, il dépasse pour ainsi dire la relativité de la patience et de l'impatience, tout simplement parce qu'il est incapable d'attendre ou de ne pas attendre quoi que ce soit, puisque cette attente, qui n'est pas autre chose que deux concepts en conflit d'opposition, perturberait son ouverture à l'instant. Ainsi, l'être en état permanent de Plénitude ne saurait avoir des conceptions en contradiction.

L'être en manque de l'Instant, c'est-à-dire en manque de Plénitude, se ferme à chaque instant à l'Instant ; aussi va-t-il toujours chercher des moments jamais présents...

"Ma patience a des limites". Et nous entendons cette remarque bien souvent. C'est précisément le moment où l'être tend à quitter la passivité de sa patience, justement parfois, mais aussi névrotiquement, car il faut aussi savoir être patient en certaines circonstances afin que les choses aient le temps de se mettre en place.

La patience est alors doublement passive :

-D'une part envers l'état de non ouverture à l'Instant.

-D'autre part par rapport à un autrui passif, qui ne fait donc pas les choses au moment où elles doivent être faites, en temps et heure.

Quant à l'impatience, elle entretient également la passivité à l'égard de la non ouverture à l'instant qui se confirme par là même, tout en entraîant certes une activité, mais une activité souvent fausse, donc passive par rapport à l'activité juste...

À SUIVRE...

L'Art de la Dialectique

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